Redonner son âme d'antan à cette très ancienne auberge provençale, à ce lieu pittoresque, rural, planté au coeur d'une nature généreuse, calme, authentique, inspirante, à l'écart des tumultes de la ville... C'est à l'Auberge de PICHAURIS que Joseph, le père de Marcel Pagnol, rêvait de vendre la moitié des grives qu'il avait chassées (relire le Château de ma mère).
Une pépite du patrimoine départemental située dans l'arrière pays Marseillais au pied d'une réserve naturelle, d'un vaste domaine préservé et entretenu, à l'orée de pâturages, en lisière de forêts, au coeur d'un cadre naturel, d'un domaine magnifique qui respire sécurité et pureté, et duquel émanent des essences de garrigue, de chênes, de cyprès, de marjolaine, d'origan, de bonheur vrai, d'activité vivante et réelle, d'intelligence, de permanence émotionnelle.
Un lieu emblématique, préservé, hors du temps, emprunt d'une impérissable nostalgie, bucolique et champêtre tout droit sorti du carton à dessins d'un Monet, d'un Renoir, d'un Manet, d'un Cézanne, d'un Degas .. Ou encore extrait des cahiers de Daudet, de Giono, de Marcel Pagnol qui dans une belle écriture et de belles descriptions savait si bien décrire le charme de ces collines, de ce coin de Provence qu'il affectionnait tant.
Ancré dans l'imagerie collective, le petit Marcel devait courir dans ces collines. Un bol d'air dans les pas de ce grand écrivain. Renouer avec son esprit, entrainer dans son univers, ce lieu intemporel sonne alors comme une évidence.
En regardant ces vieilles pierres et en penchant l'oreille, outre le chant des cigales, on y entend les voix de Rellys, de Fernand Sardou, de Fernandel, de Raimu, d'Orane Demazis lesquels y ont assurément fait une halte entre 2 prises de vues...
Aujourd'hui devenue auberge du silence, une adresse qui durant plus d'un siècle, a fait partie de la géographie des sorties allaudiennes, marseillaises, plan-de-cuquoises, aubagnaises, aixoises, cassidaines ..... fréquentée par des locaux en général, mais pas que !
Une halte privilégiée qui dans l'intérêt collectif, me semble-t-il, mériterait d'être aujourd'hui ressuscitée.